Si vous êtes nés dans les années 80-90 (ou un peu avant…), vous avez forcément connu l’indémodable Citroën C15. Cet utilitaire a connu un joli succès, à tel point que des collectionneurs commencent à s’intéresser à lui…
Citroën C15 : un utilitaire pratique et simple de conception
En 1984, Citroën cherche à remplacer la vieillissante Acadiane. Désirant développer un véhicule à peu de frais, les ingénieurs de la marque aux chevrons décident de partir de la Citroën Visa, la mal-aimé citadine de l’époque, la faute à un style qui ne faisait pas l’unanimité. Peu importe le modèle d’origine, puisque le C15 n’en reprend que la partie avant, immédiatement reconnaissable. La partie arrière est vouée à optimiser le chargement, avec son aspect parfaitement cubique et une large ouverture.
Mais pourquoi lui avoir donné ce patronyme ? Le « 15 » provient du poids total autorisé en charge (PTAC) fixé à 1500 kg au lancement, et le « C » serait lié au mot « Culte ». Un terme étonnant pour un simple utilitaire. D’ailleurs, personne n’aurait pu croire au début des années 80 que la première lettre de son patronyme serait aussi bien choisie…
Sa simplicité technique le rendait simple à réparer, assez peu coûteux et comme en plus il était plutôt fiable… Pas étonnant que les services de La Poste, les boulangers, les artisans du bâtiment et bien d’autres l’aient rapidement choisi pour réaliser leurs missions quotidiennes. Ne parlons pas du confort, assez rudimentaire, ni de l’équipement, quasi nul… Mais qu’importe, ce n’est pas ce que les clients cherchaient en premier lieu en achetant un C15.

Citroën C15 : la gamme en détails
De 1984 à 2006, année de fin définitive de son exploitation malgré la commercialisation du Citroën Berlingo dès 1996 (!), le C15 a connu assez peu d’évolutions. Au lancement, seulement deux motorisations sont proposées : une version essence 1.1 L à carburateur (baptisée « X », nom de code XW7) développant 47 chevaux, déjà connue sur la Visa, et une version diesel 1.8 L de 60 chevaux (XUD7). Les deux sont équipées d’une transmission manuelle à 4 rapports. Pour les différencier à l’arrêt, il faut avoir l’oeil : la version diesel profite d’élargisseurs d’ailes.

En 1986, la marque française décide de diminuer encore le ticket d’entrée de sa fourgonnette en sortant un petit bloc de 954 cm3 (moteur « X », XV8) et 45 petits chevaux. Cette version fait également l’impasse sur quelques équipements pourtant utiles : les feux de recul (!) et les vide-poches. Parallèlement, un bloc plus costaud de 1360 cm3 et 60 ch (moteur « X », XY7) fait son apparition, permettant d’élargir le champ d’action de ce véhicule bon à tout faire, qui pouvait alors s’équiper en option d’une boîte manuelle à 5 vitesses.
Cette année marque également l’arrivée des doubles portes battantes à l’arrière. Plus pratique que l’unique porte battante qui demande beaucoup d’espace pour être ouverte en totalité, cette nouveauté n’est malheureusement proposée qu’en option.


En 1987, afin d’homogénéiser la gamme, les modèles essence adoptent les mêmes élargisseurs d’ailes que les diesels. Fait encore plus marquant, les C15 E (Essence) reçoivent des moteurs d’origine Talbot, en l’occurrence les 1118 cm3 de 55 ch (type moteur E1A) et 1294 cm3 de 65 ch (type moteur G1A). Une mesure transitoire…
En 1998, les moteurs d’origine Talbot Poissy sont rapidement abandonnés pour laisser place aux bien connus moteurs TU de 1 L (954 cm3 – TU9) développant 45 ch, 1.1 L (1124 cm3 – TU1) proposant 55 ch et 1.4 L (1360 cm3 – TU3) offrant 75 ch.
L’année 1989 marque un petit tournant sur le plan du style : la face avant est modifiée de façon significative à travers l’adoption d’une nouvelle calandre dotée d’un logo Citroën sur fond rouge décalé sur le côté droit et des clignotants déplacés en bas des optiques. Une face avant qui éloigne le C15 du style d’origine de la Visa dont il dérive…
Les portes battantes arrière proposées en option à partir de 1986 sont désormais installées de série à partir de juillet 1989.

En 1992, la face avant est à nouveau retouchée avec le retour du double chevron au centre de la calandre et l’abandon du fond rouge. Le bloc essence 1.1 L passe à 60 ch et reçoit un catalyseur ainsi qu’une injection mais uniquement sur les versions familiales dans un premier temps (à partir de 1994 sur les versions utilitaires).

En 1996, le C15 monte en gamme (si l’on peut dire) : la finition Club propose alors la direction assistée, la fermeture centralisée des portes et des enjoliveurs de roue. Mais cette finition n’est proposée qu’en diesel. Pour les amateurs d’essence, il faut alors se contenter de la finition First dépourvue de ces quelques équipements… L’année 1996 marque aussi la disparition du petit bloc de 954 cm3 et 45 ch.
En 1998, l’unique version essence restant au catalogue, en l’occurrence le 1.1 L de 60 ch est définitivement supprimé. La clientèle n’a alors plus le choix : seule subsiste la proposition diesel de 60 ch.
En 2001, cette unique version diesel de 1.8 L de cylindrée est remplacée par le plus moderne 1.9 L (1868 cm3 – DW8).
En décembre 2005, la production cesse définitivement. Les quelques modèles en stock sont proposés à la vente sur les premiers mois de l’année 2006. Au total, Le C15 se sera écoulé à 1 181 471 exemplaires. Pas mal pour un simple utilitaire…

Les points à surveiller
Si la fiabilité et l’endurance figurent parmi les points positifs du C15, il y a quand même quelques points à surveiller avant tout achat.
Tout d’abord, la rouille attaque souvent les bas de caisse, les entourages de vitres, de pare-brise, etc… Ne pas hésiter à monter la voiture sur un pont pour jeter un oeil sur les soubassements.
Autre point négatif, les roulements de bras arrière ont tendance à se gripper. Avant même de commencer un examen approfondi, ce phénomène se voit à l’oeil nu : les roues arrière affichent un carrossage positif très caractéristique.
Il ne faut pas oublier que le C15 est avant tout un véhicule « à tout-faire ». Les fortes charges et le passage sur des chemins parfois difficiles, peuvent user notamment les amortisseurs, les ressorts, les silentblocs, etc… Le passage sur le pont évoqué précédemment permettra de vérifier si le C15 que vous convoitez n’a pas trop souffert.
Côté moteurs, les blocs « X » proposés les premières années peuvent souffrir d’une usure prématurée de l’arbre à cames. Sur les moteurs TU, les problèmes de joint de culasse sont assez fréquents.
Côté diesel, les 1.8 L (XUD) et 1.9 L (DW) sont très endurants et économiques. Le constructeur préconise le remplacement de la courroie de distribution tous les 80 000 km ou 5 ans pour le XUD et tous les 120 000 km ou 10 ans pour le DW.

Enfin, la sellerie peut montrer des signes d’usure, leur qualité étant bien souvent discutable.
Dans tous les cas, les pièces détachées existent et sont faciles à trouver. Les interventions mécaniques sont simples et un mécanicien amateur avec des connaissances suffisantes peut facilement réaliser l’entretien courant et les réparations nécessaires.
Le prix de l’occasion
La cote du Citroën C15 a tendance à grimper ces dernières années. A tel point que certains vendeurs demandent près de 10 000 € pour un exemplaire en bon état !
Disons qu’un exemplaire bien entretenu et en bon état avec un kilométrage raisonnable se négocie à un tarif plus réaliste d’environ 4 500 euros.
Attention quand même à ne pas acheter n’importe quel modèle, certains présentent des états peu recommandables qui demanderont des milliers d’euros pour être restaurés.

Le saviez-vous ?
Le C15 a été décliné en un certain nombre de modèles bien éloignés de sa vocation première. Rarement l’œuvre de Citroën, les modifications apportées à la fourgonnette made in France ont souvent été réalisées soit par des passionnés, soit par de petits artisans extérieurs à la marque. Des variantes parfois très insolites…
Le Citroën C15 4×4 Dangel
Destinés principalement aux militaires et administrations, les C15 4 roues motrices sont le fruit du spécialiste du tout-terrain Dangel. Produits à partir de 1991, ces tout-terrain utilitaires sont proposés uniquement en diesel. En proposant une garde au sol légèrement supérieure aux productions de série, ils peuvent se faufiler avec une certaine aisance dans des milieux escarpés sans être pour autant de véritables franchisseurs. Un modèle devenu rare sur nos routes…

Le C15 électrique puis GNV
En 1991, la marque lance une version 100 % électrique dotée d’un moteur de 24.5 ch seulement et de batteries au plomb permettant un rayon d’action de seulement 40 km. Autant dire qu’avec une fiche technique comme celle-ci, sa carrière a été assez courte. EDF a acquis la grande majorité des 402 exemplaires produits de 1990 à 1994. Chose assez étrange, ce C15 était équipé d’une boîte manuelle et d’un embrayage ! Il subsistait un petit réservoir de gazole destiné à chauffer l’habitacle…
En 1996, une version GNV est produite avec un succès tout autant mitigé.

Le C15 à 6 roues
Pour ceux qui trouvent le C15 classique trop court pour permettre le transport d’objets longs, la marque aux chevrons a commercialisé une version allongée. Christian de Léotard, carrossier tricolore connu pour avoir transformé plusieurs modèles de série en version à 6 roues, a certainement dû trouver cette version longue pas assez logeable ou manquant de fun…
La transformation est flagrante : le double essieu arrière permet l’ajout de 2 roues supplémentaires, portant la longueur du véhicule à 4.84 m contre 3.995 m pour une version « civile ». La soute propose alors une longueur de chargement de près de 2.50 m et un volume total de 4.2 m3 contre environ 2.7 m3 en temps normal. Sous le capot, pas de changement, seul le bloc diesel (sans augmentation de puissance) était proposé avec des performances logiquement assez modestes. Au total, 108 exemplaires ont été produits mais il n’en resterait a priori qu’une dizaine en circulation…

Le C15 version camping-car
Au Royaume-Uni, le C15 a surtout été connu en version camping-car. Et il n’est pas rare de trouver des modèles d’outre-manche sur le marché français de l’occasion.
Dans les années 80, le carrossier français Teilhol (aujourd’hui disparu) s’est lui aussi attaché à transformer l’utilitaire en camping-car. Certains fabricants proposent même des kits pour transformer un C15 classique en van aménagé. De quoi partir en vacances pour un prix modique…

Le C15 pick-up
Teilhol s’est aussi illustré en produisant une version pick-up du C15. De quoi rendre la vie plus facile à certains artisans, agriculteurs et gérants de domaines forestiers…

Le C15 version course
Fruit de l’imagination et du travail de quelques particuliers, quelques C15 ont été transformés pour participer à des courses organisées sur circuit. Transformer un utilitaire en voiture de course, il fallait oser ! D’autant plus que la faible puissance des motorisations et la hauteur de caisse sont des freins à la performance que ces passionnés se sont attachés à gommer. Pas de quoi quand même faire de l’ombre à ses aïeules, les Citroën Visa Chrono et GTI…

En conclusion
Qui aurait pu croire au succès de cet utilitaire ? Le C15 est devenu au fil du temps une institution roulante à tel point qu’il attire de plus en plus les collectionneurs. Et si vous aussi vous sautiez le pas ?








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