Renault Laguna V6 Baccara : le confort mais pas le sport

La première génération de Renault Laguna s’est déclinée en une luxueuse version Baccara équipée du bien connu V6 PRV. Une voiture faite avant tout pour les grands axes…

Une berline de grande classe

En janvier 1994, la Laguna remplace la vieillissante Renault 21. Dotée d’un style aux formes arrondies, Renault tire un trait définitif sur le design carré de la R21.
La petite Safrane comme certains aimaient l’appeler (à juste titre) fait également peau neuve à l’intérieur. A l’instar de l’extérieur, on retrouve des lignes arrondies ainsi qu’une jolie console centrale qui descend jusqu’au frein à main. Autre détail stylistique qui a son importance : le dessin du panneau de porte, avec la bouche de ventilation déportée dans le prolongement de la planche de bord, enveloppe le conducteur et lui procure un agréable sentiment de bien-être et de sécurité…
Exit la célèbre casquette typique des Renault des années 80. Une vague qui s’est même prolongée jusqu’au début des années 90 puisque la Safrane a conservé cette touche esthétique en 1992, lors de sa sortie. Au moins, la Laguna est parvenue à se démarquer de sa grande sœur sur un point…
La version Baccara, appellation réservée aux finitions haut de gamme de la marque au losange jusqu’en 1996 et introduite sur la Laguna à partir de juin 1994, a tout pour séduire les amateurs de berline haut de gamme : intérieur clair avec une sellerie mixte cuir-lin « badiane », élégantes jantes de 15 pouces, des teintes de carrosserie élégantes avec au choix des couleurs Opale, noir nacré, vert anglais ou vert abysse.

Intérieur clair Renault Laguna 3.0 V6 Baccara avec sièges en cuir-lin et autoradio 5 CD.
La finition Baccara offre une ambiance claire, très classe, qui ne tombe pas dans le luxe à l’extrême. En 1997, la finition Initiale remplace la Baccara, celle-ci ajoutant des boiseries sur la console centrale.
Portière intérieure Renault Laguna 3.0 V6 170 ch Baccara avec système aération décalé.
Notez l’aérateur décalé et la présence de lin sur la portière.

Sans oublier le niveau d’équipements particulièrement impressionnant pour une voiture produite au milieu des années 90 : direction à assistance variable, climatisation automatique, store de lunette arrière, sièges avant à réglage électrique, radio CD 4 x 15 W de marque Pioneer (cachée sous une trappe escamotable au besoin) avec commande au volant, régulateur de vitesse, ordinateur de bord, housse à vêtement sous la tablette arrière, rideau pare-soleil sur la lunette arrière, etc…
Pour ceux qui critiquaient la finition disons un peu légère de la R21, la Laguna a eu le mérite de mettre tout le monde d’accord : les matériaux utilisés sont de qualité et l’assemblage se montre sérieux. Un vrai haut de gamme on vous dit…

Une Laguna douce à conduire

C’est une attente bien légitime : quand on change de voiture pour un modèle plus moderne, on s’attend à quelque chose de mieux… Le problème, c’est que la Laguna V6 succède à la bouillonnante Renault 21 2.0 Turbo et ses fougueux 175 chevaux. La Laguna, malgré son V6 PRV Z7X de 2963 cm3 et ses 170 ch, ne parvient pas à donner le même piquant à son « pilote » que sa devancière. Il faut dire que ces deux voitures ne concourent pas dans la même catégorie : le sport pour la R21 Turbo (elle arbore d’ailleurs un style très évocateur), la douceur et le confort pour la laguna V6 (ce que sa ligne laisse immédiatement comprendre).

Logo Baccara sur portière droite sur Renault Laguna V6 PRV.
Baccara, synonyme de luxe chez Renault dans les années 90.

C’est simple, avec un 0 à 100 km/h réalisé en 9.2 s, un 1000 mètres départ arrêté fait en 30.2 s, la dernière arrivée dans la gamme au losange est à peine plus nerveuse qu’une Opel Vectra GT.
Objectivement, elle n’a rien d’une véritable sportive. Chez elle, le plaisir est ailleurs. Elle préfère le luxe, le calme et la volupté… Il faut dire qu’avec près de 1400 kg sur la balance (1390 kg pour être exact), le 6-cylindres et ses 235 Nm de couple a fort à faire pour bouger cette agréable routière, dotée d’un comportement routier impérial. Mais si on la prend pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une voiture capable d’avaler l’asphalte dans un confort ouaté, alors on finit par l’adorer…
Depuis l’adoption du vilebrequin à manetons décalés en 1985, le V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo) à 90° sonne rond et évolue sans à-coups. Ce moteur a équipé de nombreux modèles tricolores comme la Peugeot 605 3.0 V6 dont nous avons parlé il y a quelques temps (en 170 ch avec 12 soupapes puis en 200 ch avec 24 soupapes). Pour information, ce bloc PRV a été remplacé à partir de 1997 par un tout nouveau 3.0 V6 « ES » à 24 soupapes à la fiche technique améliorée et développant la puissance de 194 ch.
Au ralenti, ce bloc émet un murmure discret (trop discret ?), il n’y a que dans les tours que son architecture moteur se reconnaît avec une sonorité caractéristique mais jamais envahissante.
Sachez que même si ce n’est pas un foudre de guerre, sa consommation moyenne frôle les 12 L/100 km…
Côté transmission, le choix était laissé entre la boîte manuelle à 5 rapports et la boîte automatique à 4 rapports. Pour des raisons de fiabilité, il est conseillé de privilégier la première mais la transmission à convertisseur correspond plutôt bien au caractère doux de l’auto…

Renault Laguna V6 PRV finition Baccara noire devant portes de garage.
Beaucoup d’élégance dans cette ligne. Une voiture aux dimensions raisonnables : longueur : 4.51 m, largeur : 1.75 m, hauteur : 1.43 m.

Les points à surveiller

Si le PRV est globalement fiable, il est conseillé de jeter un œil au circuit de refroidissement. Si le refroidissement présente des lacunes, cela peut très rapidement avoir des conséquences sur le joint de culasse. Une intervention ô combien onéreuse si vous passez par un professionnel… Sachez que la pompe à eau n’est à ce jour plus fabriquée, ce qui vous obligera à opter pour une pièce d’occasion.
Comme nous l’avons évoqué un peu plus haut, la boîte automatique AD8 n’est pas reconnue pour son endurance. Des casses ont souvent été recensées avant le passage symbolique des 100 000 km.
Signalons que l’échappement est généralement sujet à problèmes : le tube intermédiaire et le silencieux arrière peuvent se corroder rapidement. C’est encore plus gênant lorsque c’est le catalyseur qui est touché, un événement pas rare et très coûteux…
Sur les phases 1 produites de 1994 à 1998, de la corrosion peut également apparaître le long des longerons et des articulations de suspension arrière.
Notez que si la sellerie présente particulièrement bien, le lin a tendance à mal vieillir. Il n’est pas rare de constater des déchirures au niveau des assises notamment.
Petite anomalie récurrente sur beaucoup de Laguna 1 : les écrans d’affichage digital du totaliseur kilométrique et de la climatisation automatique peuvent se montrer inopérants.
Côté entretien, prévoyez une révision/vidange tous les 10 000 km. Le PRV est équipé d’une chaîne de distribution dont il convient simplement de vérifier la tension de façon régulière. Compte tenu de la fragilité de la boîte auto, il est conseillé de la vidanger tous les 60 000 km voire moins si possible…

Les prix de l’occasion

La cote de la Laguna 3.0 V6 PRV Baccara est faible : comptez environ 6 000 € pour un modèle bien entretenu. Si la motorisation vous importe peu mais que cette luxueuse version Baccara vous intéresse, sachez qu’elle a également été proposée sur le 4-cylindres essence 2.0 i de 115 ch. De quoi vous faire gagner quelques centaines d’euros…
Dans les deux cas, il sera difficile de dénicher un bel exemplaire ou même un exemplaire tout court… A l’heure où nous rédigeons cet article, seulement une annonce est en ligne concernant un modèle affichant 200 000 km au compteur et présentant a priori un état correct. La somme demandée reste raisonnable : 3 500 €…

En conclusion

Une voiture douce à conduire, douce à vivre, faite pour rouler… Mais qui sera bien difficile à trouver.

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