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Qui a dessiné le Fiat Multipla ?

Pour tout savoir sur le créateur du Fiat Multipla et son cahier des charges si particulier…

Le Fiat Multipla, vous le connaissez probablement… Devenu célèbre grâce à Internet, le monospace compact italien n’a pourtant jamais fait l’unanimité à cause de son style si particulier. Mais savez-vous qui a dessiné ce modèle qui a tant fait parler de lui ?

Un peu d’histoire…

Si on connaît tous le Fiat Multipla produit à la fin des années 90, saviez-vous que ce modèle « emblématique » a un ancêtre ? En 1956, le constructeur italien a en effet commercialisé son Fiat 600 Multipla, un monospace avant l’heure basé sur le modèle 600 2 portes, un véhicule bien trop petit pour satisfaire une famille, d’où la nécessité de commercialiser un modèle plus familial.
Comme le Multipla « moderne », cette première proposition était en mesure d’accueillir à son bord 6 personnes grâce à trois rangées de sièges, et ce malgré une longueur de seulement 3.21 m !
Avec plus de 140 000 exemplaires produits, ce premier Multipla fut un vrai succès. Il faut dire que son design était plutôt réussi et que les clients voyaient en ce nouveau concept un moyen unique de partir en voyage en famille. Ceci dit, avec un moteur essence de 633 cm3 et 21 chevaux seulement, et malgré un poids très réduit de l’ordre de 600 kg, il ne fallait pas être pressé d’arriver à destination…

Un designer italien à l’origine du Fiat Multipla

Nous sommes à la fin des années 90. L’ère des monospaces est en plein essor. Après avoir lancé l’Espace, Renault commercialise en 1996 son premier Scénic avec le succès que l’on connaît. Difficile pour une marque généraliste de ne pas avoir un monospace compact dans sa gamme. C’est ainsi que sort en 1998 le fameux Multipla.
Mais savez-vous qui est le designer à l’origine de ce modèle ? Sans surprise, il s’agit d’un italien : Roberto Giolito. Diplômé en 1985, il rejoint le groupe Fiat en 1989. D’abord affecté à la conception de prototypes animés par des énergies alternatives, il est affecté au milieu des années 90 au centre de design du géant italien. Le Fiat Multipla est ainsi le premier modèle né du coup de crayon de Roberto Giolito. Pour beaucoup, c’est loin d’être un coup de maître…
Pourtant, il a par la suite démontré l’étendue de son talent en dessinant la Fiat 500 moderne en 2007 ainsi que ses dérivés monospace (500 L) et SUV (500 X), l’Abarth 500, la Fiat Punto Evo, la Fiat Panda 3 puis la Fiat Tipo actuelle et la 124, ce joli petit cabriolet qui reprend les bases techniques du Mazda MX-5.
A ce jour, M. Giolito officie toujours au sein du groupe Stellantis Héritages.

Pourquoi avoir choisi un style aussi discutable ?

A cette période, les concurrents du Renault Scénic sont encore rares. Fiat veut débouler sur le marché en proposant un produit différent, innovant et percutant. Et bien entendu, pour se démarquer, le look extérieur a son importance. Au moins, le monospace compact italien s’est tout de suite fait remarquer…
Malheureusement, avec à peine plus de 300 000 véhicules vendus sur l’ensemble de sa carrière, il s’agit d’un échec commercial pour Fiat. Dans le même temps, Renault a vendu près de 2.8 millions de Scénic I…
Pourtant, ce Multipla était pétris de qualités. Le cahier des charges initial imposait la présence de 6 places assises comme son ancêtre des années 50. Mais dans le cas présent, les 6 occupants ne devaient se situer que sur deux rangées de sièges. Pour cela, il a fallu proposer une largeur supérieure à ses principaux concurrents : 1.87 m pour une longueur de seulement 3.99 m. Avec de telles dimensions, des roues situés aux quatre extrémités, la tenue de route était au rendez-vous. Les prix étaient également bien placés, une habitude chez Fiat.

Le style très particulier du Fiat Multipla avec son air de canard et son bourrelet si caractéristique.
C’est clairement une voiture qui sortait de l’ordinaire… Peut-être même un peu trop. La clientèle n’a pas répondu présente, hormis en Italie bien sûr.
Fiat Multipla restylé sans l'avant caractéristique et le célèbre bourrelet.
Le restylage de mi-carrière a fait disparaître cet avant si caractéristique. Fini le bec de canard et le célèbre bourrelet. Finalement, cette nouvelle face avant n’était-elle pas trop banale ?

Avec des sièges individuels, une bonne modularité, des couleurs intérieures assez claires, la familiale italienne savait recevoir. Mais comme bien souvent à cette époque, les matériaux utilisés par Fiat ne respiraient pas la qualité…
Enfin, aussi bizarre que cela puisse paraître, les hautes et larges surfaces vitrées n’étaient pas destinées à favoriser la visibilité ou le bien-être des passagers, mais devaient permettre aux futurs prospects de vérifier que les utilisateurs du Multipla étaient heureux à l’intérieur du Multipla… Une publicité naturelle pourrait-on dire qui n’a pas favorisé son style ni ses consommations logiquement un peu plus élevées que ses principaux rivaux.

Intérieur bleu-gris Fiat Multipla avec plastiques bas de gamme.
A l’intérieur, on retrouve le style futuriste voire décalé de l’extérieur. C’est gai mais les plastiques ne font pas très haut de gamme.
6 places assises et modulables à l'intérieur du Fiat Multipla.
Les 6 places assises étaient vraiment pratiques à l’usage. Personne ne proposait cela sur un modèle aussi compact. Une belle innovation !

La revanche du Multipla ?

Doit-on en vouloir à M. Giolito d’avoir été à l’initiative d’un style aussi controversé ? L’objectif était de se démarquer et à ce niveau-là, il est parvenu à ses fins. Fiat aurait pu lui en vouloir, au contraire la marque lui a confié le design de nombreux autres modèles et en particulier celui de la petite 500 qui connaît encore aujourd’hui une réussite planétaire.
Si le modèle n’a pas rencontré le succès escompté au cours de sa longue carrière malgré de vrais points positifs, il a fini par trouver un certain engouement sur la toile. Il y a d’abord eu l’organisation d’un festival Fiat Multipla en 2019 puis le projet un peu fou initié par les youtubeurs de Vilebrequin de modifier un Multipla diesel affichant plus de 300 000 km au compteur pour lui faire développer la puissance phénoménale de 1000 ch, obtenue grâce à un V8 « optimisé » de Chevrolet Corvette !
Roberto Giolito doit certainement rire de ce changement de considération de son premier modèle si décrié lors de sa sortie…

Par Olivier

Passionné d'automobile depuis mon plus jeune âge, j'ai décidé il y a quelques années de partager ma passion avec vous. Au programme : des essais bien sûr, mais aussi des articles pratiques, des conseils, des infos...

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