En 2004, Alfa Roméo a l’excellente idée de commercialiser le GT, un joli coupé comme Alfa sait les faire. Si la version diesel 1.9 JTD a été la plus diffusée, nous avons préféré nous intéresser à la sympathique version V6…
Un dessin au charme latin
Si le dessin de la face avant ne laisse aucun doute sur l’identité du véhicule grâce à sa calandre caractéristique et sa plaque d’immatriculation décalée sur le côté gauche, il est un peu plus difficile de trouver la marque de l’auto en regardant son profil, même si celui-ci nous permet d’avoir une petite identité de sa nationalité…
En fait, ce qui peut étonner de prime abord, c’est cette ceinture de caisse assez haute et le dessin du pavillon arrière qui contrastent avec un avant plongeant, certainement la partie de l’auto qui est la plus en phase avec la vocation sportive de l’auto. Si les coupés proposent en général une chute de pavillon arrière plongeante, ce n’est pas le cas de cette « GT » et ce pour une bonne raison : le célèbre designer Bertone a dû respecter la volonté de la marque d’accueillir dignement les passagers arrière. Un atout dont ne disposait pas l’Alfa GTV qui l’a précédé… Même le coffre, doté d’un hayon, n’a pas été oublié avec un volume très correct de 320 litres.

Une voiture moderne et bien équipée
A l’intérieur, les habitués de la marque au biscione ne sont pas dépaysés. La console centrale un brin massive est identique à celle de la compacte 147, tout comme le tableau de bord façon cadrans de moto, dotés d’un style inimitable mais pas toujours très lisibles.
Côté équipements, cette version haut de gamme fait le plein, en particulier sur la luxueuse version V6. Le confort est agrémenté d’un régulateur/limiteur de vitesse, d’une climatisation automatique bizone, d’un capteur de pluie et de luminosité, d’un système hi-fi Bose, d’une sellerie cuir, etc… La sécurité n’est évidemment pas oubliée avec 6 airbags, un ABS avec répartiteur électronique de freinage, antipatinage, antidérapage, etc… Un niveau d’équipements généreux qui a un impact non négligeable sur le poids du véhicule.
Dommage que les suspensions aient été réglées avec une fermeté un peu extrême, laquelle est en partie compensée par des sièges avant accueillants.

Alfa Roméo GT 3.2 V6 : un moteur avant tout !
Pour les amateurs de voiture, le V6 Busso évoque à lui tout seul beaucoup de choses. Un moteur 100 % italien connu pour son caractère et sa sonorité envoûtante. Dans cette ultime évolution dotée d’une cylindrée généreuse de 3.2 litres, le bloc développe la puissance de 240 chevaux obtenue à 6200 tours/min et profite d’un couple de 300 Nm à 4800 tours/min. De quoi sur le papier déplacer très dignement l’auto malgré ses 1400 kg à vide…
Si la tenue de route se montre efficace grâce aux châssis repris de la berline 156 (à peine moins que le coupé Peugeot 406 pour citer une référence dans ce domaine), le train avant a quelques difficultés à absorber la puissance du 6-cylindres maison. Heureusement, l’électronique veille. La taille du moteur a également un autre petit inconvénient : il limite l’espace réservé au braquage des roues, ce qui augmente inévitablement le rayon de braquage.
Un petit désagrément vite oublié quand on tourne la clé de contact. Le Busso délivre alors ses vocalises. Discret au ralenti, il réserve sa sonorité aux conducteurs à la fois mélomanes et adeptes de pilotage. Car pour véritablement profiter de sa « voix » et de ses capacités, il ne faut pas hésiter à monter dans les tours mais on peut alors vite se retrouver propulser à des vitesses prohibées…
Les chiffres sont plutôt évocateurs : l’exercice du 0 à 100 km/h est réalisé en 6.7 secondes, le 1000 m départ arrêté en 26 secondes, tandis que la vitesse maximale frôle les 250 km/h (243 km/h selon Alfa Roméo). Une voiture de caractère, un peu à l’image de ce que proposait sa lointaine cousine, la Lancia Thema 8.32 à moteur V8 Ferrari…
Etonnant d’ailleurs que cette Alfa n’ait pas arboré l’emblématique badge « GTA »…

Les points à surveiller
Soyons honnêtes, si l’absence de protections rend la ligne fluide et agréable à l’œil, elle rend la carrosserie plus sensible aux petits chocs du quotidien. La peinture n’est d’ailleurs pas d’une qualité extraordinaire, un défaut assez fréquent chez les véhicules du groupe Fiat.
La motorisation V6, à la fiche technique revue, se montre globalement fiable même si elle a parfois tendance à consommer de l’huile. En principe, la courroie de distribution doit être remplacée tous les 5 ans ou 120 000 km mais certains professionnels préconisent de réaliser l’opération de façon plus fréquente. Ce moteur, encore plus qu’un autre, ne doit pas être sollicité avant qu’il ait atteint sa température normale de fonctionnement. Si tous ces conseils sont respectés, il peut aller loin…
Côté trains roulants, le poids et la puissance ont tendance à user prématurément certains organes, en particulier les triangles avant et les ancrages de barre stabilisatrice ainsi que les soufflets de cardan. L’embrayage et la boîte de vitesses peuvent également rencontrer des problèmes en cas de conduite sportive répétée…
Côté entretien, la vidange moteur doit être réalisée tous les 20 000 km, le liquide de frein doit être remplacé tous les 60 000 km ou 2 ans. Il est également préconisé de remplacer l’huile de la boîte mécanique tous les 80 000 km.
Enfin, l’intérieur vieillit globalement plutôt bien. Il est loin le temps où les Alfa étaient fabriquées avec des matériaux de piètre qualité. A peine pourrait-on évoquer quelques dysfonctionnements au niveau des boutons des lève-vitres électriques et de ceux présents sur le volant. Les garnitures des panneaux de portières peuvent également se décoller prématurément.
Les prix
Commercialisée de 2004 à 2008, la version V6 devient rare sur le marché de l’occasion. Si la version diesel (la seule commercialisée jusqu’en 2010) a été largement diffusée et se trouve assez facilement en occasion mais avec des kilométrages souvent assez élevés, la V6 se fait beaucoup plus rare dans les petites annonces. Pour un joli modèle bien entretenu, ayant entre 100 000 et 150 000 km au compteur, la cote se situe à environ 14 000 €. Le prix à payer pour goûter au célèbre bloc italien… Pour ceux qui auraient un budget un peu plus serré, sachez qu’on trouve des versions essence 4-cylindres 1.8 TS et 2.0 JTS à moitié prix, soit environ 7 000 €.
En conclusion
Une ligne agréable, un compromis confort/performances intéressant, un moteur de caractère à la symphonie enjouée, l’Alfa Roméo GT a de quoi séduire dans cette version V6. D’autant plus que le niveau de fiabilité est plutôt bon à condition de respecter les quelques préconisations évoquées ci-dessus. Finalement, le plus difficile sera sûrement de parvenir à dénicher un bel exemplaire…







Laisser un commentaire