Rover série 200 II : un succès moitié anglais moitié japonais

En 1989, Rover sort sa série 200 de seconde génération qui restera la Rover la plus vendue. Retour sur cette voiture qui doit beaucoup au partenaire Honda…

L’indispensable partenaire japonais

La marque anglaise a toujours su tirer profit de son partenariat avec Honda, dont la collaboration a débuté près d’une dizaine d’années avant le lancement de la série 200 MKII. Rover a souvent connu des problèmes financiers, allant même jusqu’à recevoir le soutien du gouvernement anglais dans les années 70. Désirant renforcer sa coopération, Honda se décide à prendre 20 % de participation dans le capital de Rover en juillet 1989. Un partenariat qui est allé jusqu’à la construction d’une usine à Swindon, à 120 km de Londres, principalement financée par le constructeur asiatique et destinée à la fabrication de modèles Rover et Honda. Un moyen judicieux pour Honda d’accentuer son développement sur le marché européen…

Rover série 200 : un joli succès

Si la première série 200 a vu le jour en 1984 sous la forme d’une classique berline 4-portes, c’est la seconde génération apparue en octobre 1989 (nom de code R8) qui a véritablement marqué les esprits. L’anglaise a été développée principalement au Japon, tout comme sa proche cousine la Honda Concerto. Des modèles au style très proche, même si Rover a eu le dernier mot pour l’ajout de quelques artifices stylistiques extérieurs et surtout intérieurs.

Rover série 200 1ère génération 4 portes grise.
La 1ère génération de série 200 injustement appelée « Ronda » en vertu de sa double origine…
Honda Concerto grise vue de profil.
La Honda Concerto, sœur quasi jumelle de la Rover série 200 II.
Rover 218 SD 1.9 diesel grise avec bas de caisse plastique noirs.
Une Rover 218 SD (1.9 L diesel) croisée dans la rue. Un exemplaire bien conservé…

Ainsi, on retrouve en haut de la planche de bord le fameux bandeau en ronce de noyer (un matériau emblématique de la marque) surplombant l’élégante « étagère à thé » au doux accent british. Un moyen pour Rover « d’angliciser » cette voiture née au pays du soleil levant…

Intérieur de la Rover série 200 coupé avec ronce de noyer et cuir noir.
Un intérieur joliment présenté (ici celui d’un coupé).

Ajoutez à cela quelques touches de chrome sur cette élégante carrosserie, des tissus de sièges spécifiques et des plastiques de bonne qualité, et vous comprendrez pourquoi la « british » a eu plus de succès que son équivalent japonais, qui affichait un style plus pauvre. Une élégance assortie de nombreuses qualités qui ont failli lui permettre de remporter le titre de voiture de l’année 1989, battue d’une courte tête par la Citroën XM.
En 1993, l’écart se creuse encore un peu plus avec l’adoption de la très élégante calandre chromée néo-rétro inaugurée sur la grande routière série 800 deux années plus tôt. Une calandre qui n’a jamais quitté la série 200 jusqu’au retrait de la berline en 1995 et des versions breaks et coupé « Tomcat » en 1998. Au total, ce sont 950 000 modèles de série 200, toutes carrosseries confondues, qui ont été vendues ! Jamais la marque au drakkar n’a connu une telle réussite…

Rover série 200 2ème génération grise avec calandre classique sans chrome.
Avant le restylage, la face avant était résolument classique.
Rover 218 SD Turbo 88 ch blanche avec calandre chromée.
Le restylage apporte la fameuse calandre chromée, typique de la marque.

Une large gamme

La fin des années 80 et le début des années 90 a certainement été la meilleure période pour le constructeur britannique. De nombreux modèles ont vu le jour pendant ce laps de temps et cette série 200 a notablement contribué à cette réussite en se déclinant en plusieurs versions : berline à 5-portes puis 4-portes en 1990 (dénommée série 400, berline « sedan » plus longue de 14 cm), coupé, 3-portes, cabriolet et break.
Côté motorisations, la palette est aussi large que le nombre de déclinaisons. On trouve des blocs essence d’origine anglaise et japonaise et des diesels d’origine française. Des sportives sont également lancées, en commençant par la version 3-portes GTI jusqu’à la Rover coupé 220 turbo qui développe une puissance non négligeable de 200 chevaux !

Rover série 400 blanche à coffre et calandre chromée.
La version à coffre n’a pas été la plus vendue chez nous.
Rover série 200 coupé vert avec becquet arrière et jolies jantes.
Joli coup de crayon pour le coupé ! On le doit à l’équipe du designer Gordon Sked.
Rover 216 GTI 3-portes 130 ch rouge.
La version 3-portes a été l’occasion de sortir une sympathique version GTI.
Rover série 200 cabriolet verte avec arceau de sécurité.
Un cabriolet très apprécié des collectionneurs. Il est devenu difficile à trouver…
Rover série 200/400 break noir avec mannequin blonde qui prend le volant.
Le break sorti tardivement, chargé de remplacer la Montego (ex-Austin) présente dans la gamme Rover jusqu’en 1994. Seulement 503 exemplaires ont été vendus dans le monde…

Une palette de motorisations variée aux origines diverses

Les motorisations ne manquent pas sous le capot de la 200. Rover et Honda se partagent la paternité sur les blocs essence alors que pour les diesels le constructeur anglais fait appel à un dieseliste réputé à l’époque, en l’occurrence le groupe Peugeot-Citroën.
L’anglais a pour mission de concevoir le moteur essence le moins puissant tandis que Honda se charge du bloc immédiatement supérieur.
Ainsi, le moteur d’entrée de gamme 100 % Rover développe une cylindrée de 1.4 litre pour 95 chevaux. Cette nouvelle génération de moteurs baptisée « série K » s’en sort plutôt bien sous le capot de la 214 (les deux derniers chiffres indiquent la cylindrée) avec un 0 à 100 km/h réalisé en 12 secondes. Il faut dire que la compacte, mesurant 4.22 m de long, ne pèse que 1120 kg à vide.
De son côté, Honda fournit le bloc 1.6 L 16 soupapes de 115 ch équipant la version « 216 ». Celui-ci se montre plus véloce avec un 0 à 100 km/h réalisé en un tout petit moins de 10 secondes (9.8 s selon la fiche technique de l’époque).
Deux finitions sont proposées au lancement : la Si et la GSi sur la 214 tandis que la 216 est uniquement proposée en finition haute GSi. En 1989, une Rover 214 Si était proposée au prix de 77 500 francs…

Logo Rover dans les années 90.
L’emblématique logo de la marque dans les années 90.

La série 200 ne goutte au diesel qu’à partir d’avril 1991. En réalité, c’est la série 400 (la berline à coffre) qui est la première à en être équipée. Elle reçoit ainsi le fameux 1.8 TD « XUD7 » du groupe français PSA développant 88 ch. Cette 218 GSD (puis SD Turbo à partir de 1995) constituera le diesel le plus puissant de la gamme, un moteur secondé quelques mois plus tard par le bien connu 1.9 diesel atmosphérique PSA « XUD9 » développant 67 ch (version 218 SD puis SDE). La même année, c’est la version 3-portes qui est proposée à la vente et pour se faire une place au pays des petites sportives dominé par les Peugeot 205 GTI et VW Golf GTI, la marque se décide elle-aussi à sortir sa version GTI. Le bloc 1.6 L Honda est poussé à 130 ch et permet à la 216 GTI de passer de justesse le cap des 200 km/h (201 km/h exactement), un critère important à l’époque. Etonnamment, l’exercice du 0 à 100 km/h est à peine amélioré (9.2 s).

Rover série 200 rouge avec calandre chromée vue d'en haut.
A partir de 1994, les versions hautes se distinguent par leurs bas de caisse couleur carrosserie.

Quelques mois plus tard, en mars 1992, c’est un joli cabriolet qui est présenté. Malgré un important arceau de sécurité indispensable pour rigidifier la caisse, sa ligne est plutôt réussie. Cette version découvrable a le bon goût de rester accessible en se déclinant en une judicieuse version 214 (90 chevaux seulement) et 216 (122 ch).
Toujours dans une bonne dynamique, la marque anglaise présente un très réussi coupé baptisé en interne « Tomcat ». Au delà de ses deux premières motorisations (122 ch en version 216i et 136 ch en version 220i « 2 L atmo » maison), celle qui retient toutes les attentions, c’est la redoutable version 220 turbo développant la puissance de 200 ch ! Au programme, un 0 à 100 km/h effectué en 6.3 secondes et une vitesse de pointe de 240 km/h ! La Rover de série la plus performante jamais produite !
En octobre 1994, c’est un élégant break baptisé Tourer qui est commercialisé. Ce sera la 6ème et dernière déclinaison de la série 200.
En 1995, une nouvelle série 200 est présentée au public. Le break, le cabriolet et le coupé resteront au catalogue jusqu’en 2018…

Rover série 200 3ème génération bleue avec jolies jantes alliage.
La série 200 3ème génération au look plus moderne mais qui n’a pas connu tout à fait le même succès. Ses prix étaient aussi plus élevés…
Photo publicité marque Rover avec trois modèles série 200 : break, cabriolet et coupé devant belle résidence anglaise.
Le break, le cabriolet et le coupé ont continué leur carrière jusqu’en 1998.

Trouver une série 200 aujourd’hui

Les modèles à 4 et 5 portes se font de plus en plus rares sur les routes. Les diesels ont le mérite d’être fiables et ont permis à la compacte anglaise de durer dans le temps mais ils affichent des kilométrages souvent élevés.
Les 214i équipées du bloc « série K » ont souvent souffert de problèmes de joint de culasse. Une intervention mécanique coûteuse que beaucoup de propriétaires ont renoncé à réaliser et qui ont conduit beaucoup de modèles à la casse. Reste la très alerte 216i équipée du bloc Honda, au demeurant fiable et endurante mais assez peu diffusée. Quelle que soit la motorisation, la cote reste en général très faible et les pièces se trouvent encore, cette génération de série 200 ayant été vendue à plusieurs milliers d’exemplaires en France. Les propriétaires appréciaient sa présentation et son confort, un peu moins son comportement routier pas très dynamique.

Intérieur Rover série 200 avec placage bois en ronce de noyer, volant trois branches et boîte auto.
La boîte auto à 4 rapports a été proposée sur la 216i. Ses origines japonaises se voient notamment au niveau du tableau de bord et des commandes de lève-vitres électriques.

En ce qui concerne les versions 3-portes, cabriolet et coupé, leur cote est plus élevée car plus recherchées. La 216 GTI attire particulièrement les collectionneurs, tout comme la 220 Turbo en raison de son caractère exclusif. Dans les deux cas, il faudra compter un budget compris entre 6 000 et 8 000 €…

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