Le décès de Nahel Merzouk le 27 juin dernier suite au tir d’un policier, a entraîné des émeutes urbaines d’une violence rare. Après quelques nuits difficiles, le ministère de l’intérieur a demandé aux forces d’intervention de venir en aide aux policiers présents sur place. Si d’importants moyens physiques ont été déployés, la BRI, le GIGN et le RAID ont pu compter sur des engins blindés qu’ils utilisent souvent dans d’autres circonstances. Focus sur ces véhicules très spéciaux…
Les véhicules des forces d’intervention utilisés lors des émeutes
Afin de ramener l’ordre dans les cités et les centres-villes concernés, les forces d’intervention de la police ont fait usage de véhicules blindés légers.
Le Panhard PVP APC
Si le nom Panhard ne vous est pas étranger, c’est normal, puisque cette marque a produit des véhicules civils jusqu’en 1967. Par la suite, seules des productions militaires ont vu le jour.
Dernier arrivé, le PVP APC (pour « Petit Véhicule Protégé » et « Armoured Personnel Carrier » = véhicule blindé de transport de troupes) a fait partie des véhicules qui ont remplacé le vieillisant Peugeot P4 (le Dacia Duster faisait également partie des postulants non blindés comme nous l’avions évoqué ici-même) dérivé du Mercedes classe G à partir de l’année 2008, au sein d’abord de l’armée française.
Les forces d’intervention ont également eu le droit à ce blindé léger afin d’assurer leur mission à partir de 2019. Le RAID a d’ailleurs utilisé ce véhicule dans les rues de certaines grandes villes lors des violences urbaines liées à la mort de l’adolescent.
Le Panhard PVP a un véritable avantage : sa taille. Avec une longueur de 4.24 m, une largeur de 1.97 m et une hauteur de 2.20 m, il peut facilement se faufiler dans des milieux exigus. Ses dimensions raisonnables ne l’empêchent pas d’être un très bon tout-terrain et d’évoluer également dans des zones difficiles. Ses 4 roues motrices et son blindage ont un inconvénient : le poids. Avec près de 5.5 tonnes sur la balance, le 4-cylindres turbo-diesel d’origine IVECO développant 170 chevaux a fort à faire pour déplacer aisément cet engin, capable malgré tout d’atteindre une
vitesse de pointe de 105 km/h. Au-delà de la puissance, c’est le couple qui est important en franchissement. Ce bloc de 2.8 litres de cylindrée n’en manque pas avec ses 350 Nm, bien aidé par sa boîte automatique à 6 rapports.
La version APC Police diffère légèrement de la version militaire puisqu’elle peut accueillir jusqu’à 7 personnes à son bord et offre une autonomie d’environ 700 km.
Enfin, ce véhicule d’intervention dit rapide profite d’une trappe de toit permettant à un tireur de prendre place en position haute, d’un pare-buffle facilitant le dégagement de certains obstacles et de vitres grillagées.


Le Sherpa Light APC
Déployé par la BRI, le Sherpa est beaucoup plus imposant que le Panhard. Avec près de 6 mètres de long, 2.2 m de largeur et 2.30 m de hauteur, ce produit du groupe Arquus (ex-Renault Truck Defense) en impose, en particulier dans nos centres-villes. Avec un poids de 11 tonnes, ce véhicule tactique dit « léger », peut heureusement compter sur son 4-cylindres turbo-diesel de 4.76 litres de cylindrée développant 215 chevaux qui affiche un couple de 800 Nm dès 1200 tours/min. Ce bloc conçu par Renault peut même développer jusqu’à 240 ch. De quoi permettre à ce 4×4 permanent d’évoluer sur tous les terrains, en particulier grâce au travail réalisé au niveau des angles d’attaque et de fuite.
L’engin est équipé d’une boîte automatique à 6 rapports + 1 rapport court. Il peut atteindre la vitesse maximale de 110 km/h et dispose d’une autonomie comprise entre 800 et 1000 km.
Disposant de 2 places à l’avant et de 8 places à l’arrière, le Sherpa APC est destiné au transport des hommes sur tous les fronts. Les unités d’élite de la police et de la gendarmerie disposent également de quelques modèles équipés de rampes d’assaut, permettant notamment d’intervenir au premier étage d’un bâtiment ou lors de prises d’otage en avion.



Les autres véhicules d’intervention disponibles
On ne l’a pas vu dans les rues de nos métropoles et ce n’est pas étonnant compte tenu de son gabarit peu adapté à un usage urbain. Après avoir testé dans un premier temps le Titus fabriqué par la société Nexter, le gouvernement français a finalement décidé de commander quelques exemplaires destinés aux forces d’intervention. Avec une masse de 23 tonnes, une longueur de près de 8 mètres, une hauteur de 3 mètres, ses 6 roues motrices, ce mastodonte blindé peut accueillir à son bord 13 personnes prêtes à bondir en cas d’intervention peu importe le lieu. Malgré des caractéristiques de poids et de taille a priori peu flatteuses, sa motorisation développant 500 ch lui permet d’atteindre une vitesse de 100 km/h. Chose étonnante, son rayon de braquage est limité : seulement 14 mètres grâce à ses 2 roues arrières directrices.

Les brigades d’intervention disposent encore de quelques anciens modèles comme le Nissan Navara et le Chevrolet Suburban, des véhicules non blindés et destinés à être remplacés à terme.








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